François et Julie sont ensemble depuis plusieurs années. Leur existence est paisible : deux enfants, des emplois épanouissants, une maison… De fait, sur papier, toutes les cases du bonheur sont cochées. Or, l’ennui règne. L’amour est toujours là, mais c’est désormais une forme de pilote automatique qui tient lieu de désir entre eux. Et si, de manière mutuellement consentie, ils allaient « voir ailleurs », tous les deux et chacun de son côté ? Dans l’irrésistiblement coquin Folichonneries, Eric K. Boulianne et Catherine Chabot sont mémorables en conjoints qui font sauter le carcan du couple traditionnel.

Pour le compte, François et Julie ne font pas qu’ouvrir leur couple : ils élargissent les horizons de leurs ébats. Orgie, voyeurisme, bicuriosité, pratiques sadomasochistes, « trouple », polyamours… Ici, le maître-mot est diversité, fût-elle sexuelle ou corporelle. Avec aplomb et assurance, Folichonneries débride et décoince : sus à la pudibonderie !

Coécrit, mis en scène (avec beaucoup d’inventivité), interprété et produit, largement de sa poche, par Eric K. Boulianne, le film explore avec acuité les parcours tantôt parallèles, tantôt communs, des deux personnages. À cet égard, François et Julie se voient impartis de courbes dramatiques aussi complexes qu’imprévisibles. On pense notamment à cette dépression que vit manifestement François, mais qu’il nie.

Il est en outre intéressant de noter, sans divulgâcher quoi que ce soit, qu’après avoir proposé cette nouvelle approche libertine, François se trouve bien embêté de constater que Julie, au départ récalcitrante, s’épanouit plus que lui.

Mais là encore, Eric K. Boulianne et son coscénariste, Alexandre Auger (Gagne ton ciel), évitent toute forme de moralisme, de facilité ou de développements convenus, parvenant à surprendre jusqu’à la fin.

Merveilleusement désinhibé