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“Si je ne crée pas, je crève !” : conversation avec Lawrence Côté-Collins

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De nouveaux entretiens avec les artisans québécois venus au Festival Vues du Québec arrivent en ligne. Le premier est consacré à Lawrence Côté-Collins qui s’est entretenue jusque tard dans la nuit avec Pierre Audebert en avril dernier.

Rencontrer Lawrence-Côté-Collins est un moment important dans une vie de cinéphile, en particulier quand on commence à s’accoutumer aux entretiens longs et un peu plan-plan. Rien de tel qu’une bonne tornade pour bousculer nos idées reçues, bien patriarcales même si elles n’osent plus se l’avouer, et notre élitisme culturel qui repousse toujours un peu plus de larges pans de la culture populaire. Lawrence est une “working class heroe” et aussi une personne franche qui ne mâche pas ses mots. Le “dire” est important dans son travail, le “montrer”, naturel chez cette fille de l’image et du son. Retour sur son parcours à l’école de la rue et chez Kino, dont on ne commente que trop peu l’importance artistique dans la production audiovisuelle contemporaine. Ses nombreux films courts et atypiques, sa grande pratique de la télé-réalité et ses conceptions toutes particulières mais ô combien passionnantes du “vrai”, de la direction d’acteur, du rôle du décor et plus largement du “bon goût” sont abordées ici sans fards et avec enthousiasme. Et si on s’attarde sur sa vie et celle de ses proches, c’est parce que son monde ne conçoit pas de frontières entre sa création et ses fréquentations, parce que son existence est politique jusqu’au moindre bout de rushes. Pour elle, vivre, c’est aussi performer. Il est temps de se saisir de la singularité de son regard et de son humour noir pour la replacer au centre d’une cinématographie actuelle en prise avec la société et ses tendances et afin que ses films soient désormais visibles pour un plus grand nombre.

 

(hésitante) J’aime la nuit…

Tu vis en ville ?

Ouais ! C’est plus tranquille la nuit, Montréal…

Tu habites Montréal ?

Ouais mais j’aime pas ça Montréal. Je suis un peu coincée là. Je me suis achetée une forêt dans les Laurentides mais j’ai pas les moyens de m’y construire une maison, ce qui fait que je n’ai qu’une forêt vide (rire), enfin pleine d’arbres.

Même une maison en bois ?

Les municipalités ont beaucoup de normes. C’est une forêt vierge mais dans une municipalité où il y a d’autres maisons et même si mon terrain est immense, il y a quand même des lois à respecter. Je suis donc obligée d’attendre d’avoir les moyens pour faire bâtir. On n’a pas le droit non plus d’y faire des constructions temporaires.

Moi qui croyait qu’on pouvait vivre comme ça dans le bois…

Éventuellement si tu as la montagne pour toi tout seul mais moi j’ai acheté 6 âcres de forêt, c’est à dire l’équivalent de quatre terrains de football. La rue elle est bétonnée, il y a l’électricité, des voisins. Certes c’est un grand terrain sans constructions, mais si j’installe un truc temporaire, les gens autour vont s’en rendre compte et je vais être dénoncée. Je ne peux donc pas être une pirate et faire ce que je veux.

>>> Lire l’intégralité de l’entretien

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