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Jusqu’au déclin, 1er film québécois financé par Netflix

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C’est dans le contexte d’un confinement général que nous arrive ce vendredi, la première production québécoise financé par le géant Netflix, Jusqu’au déclin de Patrice Laliberté. Synchronicité surprenante, ce film prend tout son sens présentement, sachant que nous y suivons des survivalistes durant une séance de formation avec un gourou de cette doctrine, ces hommes et ces femmes prêts pour survivre à tous les dérèglements possibles de notre société.

Après quelques courts métrages, dont le primé Viaduc, Patrice Laliberté nous propose un intense premier long métrage, d’un genre dont le cinéma québécois explore peu, soit celui du thriller. Campé en plein hiver, il faut remonter à Rafales d’André Melançon en 1990 pour trouver un autre suspense qui se nourrit de la nordicité de la belle province. Tourné dans les Laurentides au nord de Montréal, l’équipe de la compagnie de production Couronne Nord a vraiment maximisé le budget de 5 millions de dollars canadiens que lui a accordé Netflix. Chaque sou est à l’écran.

Si le cinéma de genre repose trop souvent sur les effets qu’il aura sur les spectateurs, Jusqu’au déclin mise avant tout sur un scénario d’une grande efficacité. Nicolas Krief, Charles Dionne et Patrice Laliberté ont écrit à six mains une histoire crédible et très engageante. Dès l’ouverture du film, nous sommes happés par le ton et l’adrénaline du récit. Nous suivons Antoine, joué par Guillaume Laurin, qui veut protéger sa famille des éventuels dérapages du monde dans lequel nous vivons. Auprès d’Alain, interprété par Réal Bossé, qui est une vedette des tutoriels survivalistes sur le web, il ira passer un séjour dans ses installations autonomes avec d’autres participants, pour améliorer ses connaissances de ce mode de vie que nous trouvions un peu trop alarmiste jusqu’à tout récemment.

Sans temps mort et dans un crescendo d’intensité, Jusqu’au déclin impressionne par son savoir-faire technique et la grande maîtrise des codes du genre. Laliberté contrôle parfaitement l’environnement dans lequel évolue ses personnages, dirigeant à merveille les Marc-André Grondin, Marie-Evelyne Lessard (la révélation du film, vue déjà dans Les Manèges Humains de Martin Laroche), Marc Beaupré, Marilyn Castonguay, Guillaume Cyr en plus des deux cités plus tôt. Les images de Christophe Dalpé nous donnent froid dans le dos, l’hiver prenant ici toute sa force évocatrice comme saison mordante et limitative dans un contexte de survie.

N’ayons pas peur des mots, Jusqu’au déclin est une réussite totale, un nouveau jalon dans la jeune histoire du cinéma québécois. Avec Les Affamés de Robin Aubert, dont Netflix avait acheté les droits mondiaux pour le distribuer sur sa plateforme, le premier film de Patrice Laliberté prouve une nouvelle fois que le cinéma de genre québécois n’a rien à envier au reste du monde. Bien au contraire, il démontre une fois de plus la singularité et la créativité des artisans du Québec.

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